L’autre facette des migrations africaines dévoilée à Casablanca

Le continent noir est souvent désigné à tort comme celui par lequel transite la majorité des migrants vers l’Europe. La migration africaine présente au contraire des atouts et bien fondés qui seront exposés lors de la 2ème édition des Panafricaines qui de déroule au Maroc  du 26 au 27 octobre 2018.

Rabat, Maroc, echange avec le ministre des Affaires extérieures et de la Coopération
Rabat, Maroc, echange avec le ministre des Affaires extérieures et de la Coopération.

En 2017, sur les 36 millions d’Africains qui ont quitté leurs pays, 19 millions, soit près de 53%, sont restés sur le continent. Les six principales destinations de ces migrations étant, en 2017, l’Afrique du Sud, la Côte d’Ivoire, l’Ouganda, le Nigéria, le Kenya et la Lybie. Chacun de ces pays ayant accueilli plus de 750 000 migrants, selon un rapport de la Commission des Nations Unies pour le Commerce et le Développement CNUCED. L’Afrique a accueilli de son côté 5,5 millions de personnes venues d’ailleurs. Le continent africain qui est souvent désigné comme celui par lequel transite la majorité des migrants vers l’Europe présente en réalité une autre facette de ce fléau. « En réalité, près de 80% de la migration sur le continent est intra-africaine. Les populations qui se déplacent le plus sont celles d’Afrique de l’Ouest, qui circulent au sein de leur ensemble régional », indiquait le Roi Mohamed VI au 5ème sommet Union africaine (UA) – Union européenne (UE) qui s’est tenu à Abidjan le 29 Novembre 2017.

Les Panafricaines 2018 à Rabat
Les Panafricaines 2018 à Rabat

Le constat est d’ailleurs vite fait. Plusieurs nationalités cohabitent entre elles soit pour des échanges commerciaux, des affaires, soit pour fonder une famille. D’où la nécessité de construire de nouveaux paradigmes en mettant un accent sur la migration africaine, ses atouts et bien fondés loin de la construction faite autour de la migration Sud-Nord qui vise à rabaisser le continent Africain. Pourtant, 4 migrants africains sur 5 restent dans le continent et les migrants ne représentent que 3,4 % de la population mondiale. Sur le plan mondial, la migration représente moins de 14 % de la population. La migration n’appauvrit pas les pays d’accueil puisque 85% des revenus des migrants restent dans ces pays. La migration est un phénomène naturel qui constitue la solution et non pas le problème. D’ou la nécessité pour les hommes et femmes de médias de s’approprier ce nouveau paradigme et vendre cet aspect.

Déconstruire la perception

C’est l’objectif de la deuxième édition des Panafricaines qui s’ouvre ce vendredi 26 octobre 2018 à Casablanca au Maroc. Durant 2 jours, 200 journalistes femmes des 54 pays du Continent vont élaborer des stratégies pour déconstruire la perception négative du migrant à travers des thématiques telles: Quel traitement journalistique des questions migratoires ?, Mineurs en errance : comment cerner un phénomène complexe ?, Migrations Climatiques et Sécurité Alimentaire, Migrations Africaines : De l’importance de disposer de données fiables ou encore Migrations intra-africaines : une chance pour le développement.

Car, comme le souligne la Conférence des Nations Unies pour le Commerce et le Développement, les migrations inter-africaines et hors du continent sont nécessaires pour le développement. La contribution des migrants internationaux au PIB a été ainsi mesurée à 19 % en Côte d’Ivoire (2008), 13 % au Rwanda (2012), 9 % en Afrique du Sud (2011) et 1 % au Ghana (2010). Cette migration intra-africaine peut à elle seule propulser le PIB par habitant de l’Afrique de 2 008 dollars en 2016 à 3 249 dollars en 2030.

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