Depuis le 9 juillet 2026, les agents de santé sont sur le terrain pour administrer gratuitement la vitamine A et le vaccin oral contre la poliomyélite aux enfants âgés de 0 à 59 mois.


Le Cameroun a officiellement lancé, le 9 juillet 2026, le premier tour de la Semaine d’Actions de Santé et de Nutrition Infantile et Maternelle (SASNIM), couplé au deuxième tour de la campagne de vaccination contre la poliomyélite. À travers cette opération nationale, les autorités entendent renforcer la protection des enfants et des mères grâce à un ensemble d’interventions préventives à fort impact.
Au total, 5 919 633 enfants âgés de 12 à 59 mois bénéficieront d’une supplémentation en vitamine A sur l’ensemble du territoire. En plus de celle-ci, 6 397 062 enfants de 0 à 59 mois recevront également le vaccin polio oral (VPO) dans les six régions du pays, notamment l’Adamaoua, le Centre, l’Est, l’Extrême-Nord, le Littoral et le Nord.
Des lancements dans plusieurs régions
À Ebolowa, le lancement de cette campagne s’est déroulé à l’école privée laïque Émergence de Minkoukouma, au quartier Amang 2. Ici, les équipes de l’organisation Helen Keller Intl et compagnie des autorités administratives locales ont administré les premières capsules de vitamine A et les premières doses de vaccin à une centaine d’enfants.
Dans la région du Littoral, la cérémonie officielle s’est tenue à l’orphelinat “Nouvelle Destinée”, situé à Lendi, dans le district de santé de Bangué, arrondissement de Douala 5, sous la présidence du ministre de la Santé publique, le Dr Manaouda Malachie.
La promotrice de l’orphelinat a salué le choix porté sur son centre social. « En qualité de promotrice de cet orphelinat, ma mission première a toujours été de veiller sur la vie, la dignité et l’avenir de chaque enfant qui nous est confié. Accueillir cette campagne est donc une vocation pour protéger ce que nous avons de plus précieux, notre jeunesse. »
Prévenir pour sauver des vies
Si le Cameroun est reconnu comme exempt de poliovirus sauvage et qu’aucun nouveau cas de poliovirus dérivé d’une souche vaccinale de type 2 (cVDPV2) ou de type 3 (cVDPV3) n’a été détecté respectivement depuis 12 et 9 mois, les autorités sanitaires refusent tout relâchement. Outre le fait que les pays voisins soient en épidémie, le Cameroun continue d’enregistrer, depuis cinq ans, des couvertures vaccinales insuffisantes pour les vaccins antipoliomyélitiques (VPO3 et VPI), estimées autour de 70 %. Cette situation maintient un risque de résurgence de la maladie.
« Le Cameroun est désormais freepolio. Et on nous demande pourquoi est-ce que nous continuons de vacciner ou continuons de faire des efforts ? La réponse est toute simple. « Il faut faire ce sacrifice pour que les enfants, l’avenir demain, le fer de lance de la nation, puissent avoir cette santé pour qu’ils puissent construire après nous ce que nous n’avons pas pu faire », souligne le ministre.
Au-delà de la supplémentation en vitamine A et de la vaccination contre la poliomyélite, la SASNIM offre un ensemble de services destinés à améliorer la santé maternelle et infantile.
« Dans le cadre de la couverture santé universelle, le Cameroun a choisi de parier prioritairement sur les femmes enceintes et les enfants. Au-delà de la vaccination contre la poliomyélite, cette approche intégrée contribue à renforcer l’état nutritionnel des enfants, à améliorer la prévention de certaines maladies et à rapprocher davantage les services de santé des communautés », a déclaré le Dr Manaouda Malachie.
Cette campagne intervient également dans un contexte marqué par la circulation récurrente de plusieurs maladies, notamment le choléra, la rougeole, le Mpox et la COVID-19. Les autorités sanitaires profitent ainsi de cette mobilisation pour sensibiliser les populations aux bonnes pratiques d’hygiène, d’assainissement et de nutrition, tout en renforçant la surveillance épidémiologique.
Les équipes de santé mobilisées à cet effet, sillonnent jusqu’au 12 juillet 2026, les quartiers, les villages, les écoles, les espaces publics et les domiciles afin d’offrir gratuitement ces interventions aux enfants concernés.