Réunies du 29 avril au 1er mai 2026 à l’occasion de la 2e édition de la Conférence mondiale sur la durabilité des femmes africaines, elles ont plaidé pour leur meilleure intégration dans l’économie verte mondiale.

Plus de 5 000 femmes entrepreneures issues de 58 pays africains et partenaires internationaux se sont réunies à Abuja au Nigéria à l’occasion de la deuxième édition de la Conférence mondiale sur la durabilité des femmes africaines. Organisée par ImpactHER Africa, l’événement a marqué une nouvelle étape dans la mobilisation des femmes africaines autour des opportunités offertes par l’économie verte mondiale, estimée à plus de 5 000 milliards de dollars.
Selon Efe Ukala, fondatrice d’ImpactHER Africa, les femmes africaines du monde entier pratiquent déjà l’agriculture régénérative, construisent à partir de déchets, tissent avec des teintures écologiques et alimentent leurs villages en énergie solaire. Elles devraient de ce faire, faire partie intégrante de ce marché, et non en être exclues.
« Les consommateurs du monde entier sont désormais prêts à payer près de 10 % de plus pour des produits issus d’une production durable. Cette prime est réelle et cela nous indique qu’il existe un marché. », déclare Ukala, ajoutant que près de 70 % du commerce transfrontalier informel en Afrique est assuré par des femmes.
Les certifications au cœur des défis
Plusieurs obstacles continuent de freiner l’accès de ces entrepreneures africaines aux marchés internationaux. Selon Efe Ukala, les exigences liées aux certifications, aux normes de qualité et aux procédures réglementaires constituent l’un des principaux défis.
« Nos femmes ont les produits, mais elles n’ont pas toujours les documents administratifs nécessaires. Elles ont l’expérience, mais pas les preuves reconnues à l’international », a-t-elle expliqué.
La conférence a ainsi consacré plusieurs sessions aux mécanismes d’accompagnement permettant aux femmes entrepreneures d’obtenir des certifications internationales, des licences d’exportation et un meilleur accès aux acheteurs étrangers.
Placée sous le thème « Repenser, réinvestir, régénérer : les femmes entrepreneurs, architectes de l’avenir durable de l’Afrique mondiale », la conférence a rassemblé des représentants gouvernementaux de neuf pays africains notamment le Nigeria, le Tchad, l’Ouganda, le Zimbabwe, la Gambie, la Sierra Leone, la Côte d’Ivoire, la Zambie et le Gabon, ainsi que des institutions internationales, des maires américains et des délégations venues d’Amérique latine et des Caraïbes.
Plus de dix ministres africains, une vingtaine de gouvernements et plusieurs organisations internationales, parmi lesquelles la Banque africaine de développement, la Banque africaine d’import-export et la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, ont pris part aux échanges consacrés à l’intégration des femmes africaines dans les chaînes de valeur mondiales liées à la durabilité.
ImpactHER Africa est une organisation non gouvernementale africaine qui se consacre à la réduction de l’écart de financement entre les sexes en permettant aux femmes entrepreneurs africaines d’accéder au capital, de développer leurs entreprises et de participer de manière compétitive aux marchés locaux et mondiaux.